04/09/2008

Sécurité à Croix-de-Rozon: ça chauffe à la Mairie!

P9030003.JPGPas facile d'être fonctionnaires à la Direction générale de la mobilité (DGM). Hier après-midi, en la salle des chevaliers du château de Compesières, ils ont dû répondre à une bonne douzaine d'habitants de La Croix-de-Rozon venus réclamer davantage de sécurité sur les routes d'Annecy et du Pont-de-la-Fin, où circulent quelque douze mille véhicules par jour, une croissance annuelle à deux chiffres a précisé le maire Alain Waldder qui a présidé la réunion.


Un enfant accompagné de son père renversé sur un passage piéton, heureusement sans gravité, des lettres nombreuses (trop peut-être) restées sans réponse convaincante, la colère devant l'inaction des autorités allait-elle déboucher, comme à Soral, sur quelques actions spectaculaires. Prévoyante la Mairie de Bardonnex a su habilement circonscrire la révolte populaire.

La délégation des habitants est repartie après deux heures d'une discussion animée à moitié satisfaite. Elle a eu le sentiment d'avoir été écoutée et peut-être même entendue par Gilberto Tartaglia et deux autres collaborateurs de la DGM. Quant aux actes, ils ne sont à proprement parler pas dans les pouvoirs de la délégation dépêchée à Compesières par M. Cramer. Pour cela, il faut encore saisir d'autres services: la police, le Département des infrastructures, le BPA, les TPG, les douanes, etc.

Il y a un peu plus de vingt ans, M. Grobet s'était déplacé en personne, alors que les parents d'élèves de l'époque réclamaient une piste cyclable le long de la route des Hospitaliers. Autres temps autres moeurs. Il va donc falloir être patients et ne pas relâcher la pression sur des fonctionnaires rodés à la langue de bois. Au point que la maire dut les remettre sur les droits chemins, stupéfait de leurs déclarations liminaires montrant qu'ils ne s'étaient même pas rendus sur place (à l'exception du préposé aux enquêtes de circulation).

Radar. Gilberto Tartaglia a promis qu'il écrirait à l'autorité compétente pour installer un radar mobile sur la route d'Annecy dans les meilleurs délais.

Priorité de la route du Prieur. Le haut fonctionnaire a également promis qu'il mettrait à l'étude la proposition de la Mairie de modifier l'ordre de priorité entre la route du Prieur au débouché du village de Landecy et la route d'Annecy. Mais il n'a pas caché qu'il ne croyait pas à cette solution, dont la mise en oeuvre est "limite légale", car on n'a jamais vu une route communale prendre la priorité sur une route cantonale, certes secondaire, mais néanmoins internationale. En outre, le faible trafic en provenance de Landecy aura tôt fait de convaincre les pendulaires de couler le céder le passage sans même ralentir.

Seuils de ralentissement. Gilberto Tartaglia va "mettre en branle" le Département et surtout requérir la bourse du Département des infrastructures pour étudier d'autres mesures pérennes de ralentissement du trafic. Son expérience lui enseigne cependant qu'il serait bien que la commune produise une pré-étude. Le Maire tique et brandit l'étude déposée en octobre 2007 par les communes frontalières de Genève sud qui a coûté cent mille francs et n'a abouti pour l'heure qu'à enfoncer la porte ouverte de la troisième voie à la douane autoroutière de Bardonnex. Le ton monte un peu. On se calme. Chacun précise son propos. Et la commune fera faire ledit diagnostic préalable, quand elle aura reçu le cahier des charges de la DGM...

30 km/h. Dans une lettre récemment reçue par la Mairie et lue par Georges Vuillod, adjoint aux routes, la DGM évoque la possibilité d'introduire le 30 km/h sur la route d'Annecy et la route du Pont-de-la-Fin. Le Maire s'en est réjoui, comme les habitants. Grimace des fonctionnaires. Ont-ils été trop audacieux? Gilberto Tartaglia doute que les fonctionnaires fédéraux qui ont leur mot à dire sur les routes cantonales ne vont pas accepter une telle réduction de vitesse d'autant que la route d'Annecy n'est pas construite des deux côtés et n'a donc pas un caractère de rue villageoise.

Feux rouges. Une longue explication a été dispensée à propos des feux rouges, de leurs opportunités et de leur utilité. On a appris que le Département avait décidé de supprimer les feux rouges de ralentissement, car les automobilistes avaient compris qu'en roulant vite on passait au vert... En revanche, l'opportunité d'installer un feu rouge intelligent devant l'école de Compesières évoquée par le délégué de l'APEBAR a reçu un accueil bienveillant. 

"Pots de fleurs d'Arare". A la surprise générale, Gilberto Tartaglia a qualifié cet aménagement d'exemplaire, mais néanmoins à la limite de ce que l'on peut faire légalement. C'est un cas particulier qui n'est pas envisageable à La Croix-de-Rozon en raison du statut cantonal des voiries. A propos d'Arare voir ici

Réduire le flux des frontaliers. Les hauts fonctionnaires ont expliqué que la loi fédérale s'agissant de routes certes "secondaires, mais néanmoins internationales" limitait les mesures d'entrave à la circulation. "Ce qui n'a pas empêché le département, a fait remarquer un habitant, de réaliser deux passages-piétons avec terre-plein central au niveau de l'ancienne usine Vifor, alors que le caractère urbain de ce secteur n'est pas évident."

Le maire Alain Walder a cette fois brandi, mais toujours en vain, la Charte intercommunale, signée le 5 novembre 2007 par tous les maires des communes frontalières de Chancy à Hermance [cliquez sur le lien pour voir la Charte]. Ce document de deux pages récapitule les demandes officielles des autorités en matière de circulation. Cette Charte n'a, à ce jour, pas reçu de réponse, ni même d'un accusé de réception du Département.

Rozon 3 sept 08.pngGilberto Tartaglia n'a pas répondu. L'affaire est politique et l'on sait que le ministre vert du Territoire ne veut pas entendre parler de nouvelles routes dans la campagne. Et pourtant c'est bien cette solution, proposée en 1995 déjà par la Mairie de Bardonnex et désormais soutenue par toutes les communes de Genève Sud, qui permettrait de réduire sérieusement le trafic à la Croix-de-Rozon et par voie de conséquence dans les autres villages et quartiers avoisinants. Cette solution s'imposera d'autant plus, si l'Etat réalise la première section de la fameuse voie interquartier, dite Voie Cottier, entre le chemin de la Milice à Plan-les-Ouates et la route d'Annecy au niveau des tennis de Drize.

Si le soussigné responsable des blogs de la Tribune signe ce billet avec tant de détails, c'est qu'il habite Croix-de-Rozon et a participé à la séance. Un rêve pour un journaliste que d'être aux premières loges. Mais un danger aussi de perdre son impartialité. Chacun jugera. J'ajoute donc un dernier grain de sel et en guise de conclusion un récapitualtif des actions à entreprendre pour augmenter la quiétude des habitants de Genève Sud [cliquez sur le lien et sur l'image pour voir le plan des actions]

A court terme:

  • Augmenter les contrôles radar
  • Construire des seuils de ralentissement conséquents et colorés aux endroits indiqués sur la carte ci-dessous.
  • Introduire le 30 km/h
  • Installer un panneau avancé au niveau du carrefour de Rozon pour signaler les heures de fermeture de la douane de Landecy
  • Changer l'ordre de priorité entre la route du Prieur et la route de Landecy et entre le chemin d'Archamps et la route du Pont-de-la-Fin

A moyen terme

  • Créer une nouvelle route entre la douane de Pierre-Grand et la route d'Annecy au niveau du hameau d'Humilly
  • Déclasser les douantes de Landecy, de Crois-de-Rozon et de Bossey
  • Déclasser les routes d'Annecy, du village à la frontière, et la route du Pont-de-la-Fin en routes communales 
  • Etendre le réseau des TPG en France voisine (avec parkings d'échange)
  • Améliorer l'accès à l'autoroute au niveau du Business Park d'Archamps

Prochaines étapes

  • Les communes de Genève Sud se retrouvent ce mercredi 4 septembre
  • Le Groupement des commune frontalières se réunit le 25 septembre
  • Prochain rendez-vous avec le service du Génie civil à la fin du diagnostic de la commune.

Jean-François Mabut

 

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08:20 Publié dans Bardonnex | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it!

Commentaires

Comment pouvez-vous être étonné de cet état de fait. Il y aura toujours plus de véhicules qui transiteront par Bardonnex et autres "jolies" communes rurales, tant que ces communes ne se décideront pas à construire des logements dans leurs campagne. Entre Carouge et Bardonnex, il me semble qu'il y a beaucoup de places pour des logements. Or, les gens doivent se loger de l'autre côté de la frontière vu que rien n'est disponible de ce côté et que rien ne se construit! De plus, quand le transport public prend 45 minutes pour parcourir 8 km (en ne ratant pas la correspondance) comment voulez-vous que les gens ne prennent pas leur véhicule ! Il faut des transports publics que les gens puissent prendre de l'autre côté de la frontière. La commune de Veigy, (dont de très nombreux résidents sont Genevois) a un bus qui va à Rive et ceci toutes les 30 min. ainsi ils ne prennent pas leur véhicule. Ainsi tout le monde est content ! C'est tout de même un comble qu'un bus qui vient de plus loin et de l'autre côté de la frontière, soit plus rapide qu'un bus de Bardonnex ou Croix-de-Rozon. Il serait grand temps de se remuer le popotin ! Car les gens ne vont pas laisser leur véhicule à Collonges-sous-Salève, pour se taper encore 1 h. en bus pour se rendre en ville ! Nous ne le répéterons jamais assez il faut des transports EFFICACES !

Écrit par : Café | 03/09/2008

Zone 30, entraves au trafic, ralentisseurs, radars, etc.

Excusez-moi mais on vit sur quelle planète, là?

Dans une rue à côté de chez moi (bd du Pont d'Arve) passent quotidiennement plusieurs dizaines de milliers de voitures. Environ 35'000, si je ne me trompe pas. Combien quotidiennement à Croix-de-Rozon?

Que se passerait-il si nous parlions d'entraver le trafic sur cette rue (à côté de laquelle il y a une crèche et même une école dont les enfants ont plusieurs fois été privés de récréation cet hiver pour cause de particules fines)? Que se passerait-il si nous la mettions en zone 30? Ou que nous mettions des pots de fleurs "limite légaux", des chicanes ou des ralentisseurs?

Je vous le donne en mille : vous seriez l'un des premiers à hurler avec les loups à la "dictature écologiste", à lutter pour votre "liberté de circuler" au centre, etc.

Et pourtant, et pourtant, Croix-de-Rozon n'est pas traversée par 35'000 voitures. Je ne connais pas le chiffre, mais ça doit être environ 5 fois moins. Et c'est déjà insupportable pour les habitants.

Vous le savez parfaitement, construire une nouvelle route ne fera que déplacer le problème un peu plus loin et certainement pas le résoudre. Or, vous vous en fichez royalement car ce qui compte c'est que ce soit "pas dans votre jardin". Une nouvelle route amènerait tous ces véhicules encore plus vite dans Carouge, dont les habitants supportent déjà des quantités gigantesques de voitures (15'000/jour sur le bvd des Promenades où une association de parents d'élèves se bat depuis 20 ans pour passer en zone 30km/h et qui verra enfin le jour.... en 2010 seulement!)

Alors ayez l'honnêteté de défendre ce qui doit être défendu : une DIMINUTION DRASTIQUE de la circulation automobile dans le canton de Genève.

D-R-A-S-T-I-Q-U-E.

Et pour cela, il n'y a pas mille chemins :

Exigeons des transports publics plus réguliers dans tout le canton.
Passons toutes les routes du canton en zone 30.
Fermons les rues de quartier aux voitures.
Construisons des parkings souterrains aux abords du canton.
Fermons complètement le centre, la vieille-ville et la rue du Rhône aux voitures.
Développons encore les pistes cyclables.

Et surtout : UN MORATOIRE sur la construction de nouvelles routes dans tout le canton. Pas de 3ème voie CFF, pas de pont sur la Rade. Parce que plus de routes = plus de voitures = plus de gens qui trinquent. FORCEMENT. F-O-R-C-E-M-E-N-T.

Le jour où ils auront le courage de soutenir ce genre de mesures, je pense que les habitants des communes de Genève Sud seront enfin crédibles.

Écrit par : Sandro Minimo | 07/09/2008

On l'avait déjà compris, les Bardonésiens ne sont que des égoïstes qui ne veulent pas être embêtés et qui vivent sur leur planète. De toute façon c'est un village mort. Pas de commerces, pas d'école, pas de bus, ou si peu, pas de pharmacie, pas de logements etc. Laissons-les dans leur solitude et dans leurs jardins paisibles et sans aucune sollicitude pour les Genevois. Des gros péouzes égoïstes, je vous dis. C'est bien-là où les gens construisent des villas sans permis ?

Écrit par : Marie-France | 09/09/2008

...si mes souvenirs sont bons, n'y avait-il pas un tram à la belle époque jusqu'à la Croix-de-Rozon ?
Si je me trompe ?..., alors pourquoi ne pas tirer une nouvelle ligne jusque là ! Ce serait magnifique !
Amitiés
;o)

Écrit par : coucou | 24/09/2008

Félicitations pour votre blog, merci à vous pour ces idées, et notez en premier lieu que je suis 100% d'accord avec vous... J'insiste, votre billet est très bon, je viens d'ailleurs de twitter ce billet (en espérant que ça vous aide) ! NB : Merci encore !

Écrit par : Boutique Tennis | 10/05/2010

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